Quelles vitamines pour tomber enceinte ? Pour elle et pour lui

Quelles vitamines pour tomber enceinte ? (pour elle et pour lui)

Quand un couple commence à envisager une grossesse, la question de la fertilité peut arriver, et avec elle le sujet des vitamines... Faut-il prendre un complément ? 

Même s'il n'existe évidemment pas de vitamine capable à elle seule de provoquer une grossesse, certains micronutriments ont une place particulière avant la conception et au début de la grossesse. Et contrairement à ce que laisse parfois penser le marketing autour de la fertilité, la préparation ne concerne pas uniquement la femme.

Pourquoi commencer environ 3 mois avant ?

Trois mois ne constituent pas une durée « magique ». C’est surtout un repère pratique pour avoir le temps de faire le point sur son alimentation, ses habitudes de vie et d’éventuelles carences.

Chez l’homme, ce délai a également une justification biologique. Selon l’Inserm, le processus complet de fabrication d’un spermatozoïde, appelé spermatogenèse, dure environ 74 jours.

Les spermatozoïdes présents aujourd’hui ont donc commencé leur développement plusieurs semaines auparavant. Lorsqu’un couple souhaite revoir certaines habitudes (tabac, alcool, alimentation, sommeil) attendre le test de grossesse positif pour s’en préoccuper n’a pas beaucoup de sens.

Chez la femme, anticiper permet notamment de commencer la vitamine B9 dès le projet de grossesse et de faire le point avec un médecin ou une sage-femme sur son état de santé, ses traitements et son statut nutritionnel.

Côté femme : la vitamine B9 est la priorité

S’il fallait retenir un micronutriment avant la conception, ce serait la vitamine B9, également appelée folates ou acide folique.

Elle intervient très tôt dans le développement embryonnaire. Les autorités de santé françaises recommandent d’ailleurs une supplémentation dès le projet de grossesse, idéalement avant la conception, puis au début de la grossesse.

L’une des allégations de santé autorisées au niveau européen résume son rôle : « les folates contribuent à la croissance des tissus maternels pendant la grossesse ».

On trouve naturellement des folates dans de nombreux aliments, notamment les légumes à feuilles vertes, les légumineuses ou certaines noix. Mais l'alimentation seule ne remplace pas la supplémentation en vitamine B9 recommandée pendant la période préconceptionnelle.

Le fer : mieux vaut vérifier que supplémenter « au cas où »

Le fer mérite également de l’attention, mais la logique est très différente.

Une femme peut avoir des réserves en fer insuffisantes, notamment en cas de règles abondantes ou de certains régimes alimentaires. Une prise de sang, et en particulier l’évaluation de la ferritine lorsqu'elle est indiquée, permet au professionnel de santé d’apprécier ces réserves.

En revanche, prendre systématiquement du fer sans savoir si l’on en manque n’est pas une bonne stratégie. La supplémentation doit être décidée en fonction du contexte et du bilan sanguin.

Zinc et iode : importants, mais pas forcément à supplémenter

Le zinc fait partie des minéraux impliqués dans la reproduction. L’allégation européenne autorisée est précise : le zinc contribue à la fertilité et à la reproduction normales.

Cela ne signifie pas pour autant que prendre davantage de zinc rend plus fertile. Chez une personne dont les apports sont déjà suffisants, augmenter les quantités n’a pas vocation à apporter un bénéfice supplémentaire.

Une alimentation variée reste donc la première source de zinc, notamment via les produits de la mer, les viandes, les œufs, les produits laitiers, les légumineuses, les graines ou les fruits à coque.

L’iode mérite lui aussi d’être surveillé autour de la grossesse, notamment en raison de son rôle dans le fonctionnement de la thyroïde et le développement du système nerveux du futur bébé.

Mais, là encore, plus n’est pas synonyme de mieux. L’Anses rappelle qu’un apport excessif en iode pendant la grossesse peut lui aussi poser problème. Une vigilance particulière s’impose notamment lorsqu’on cumule plusieurs compléments ou en présence d’une pathologie thyroïdienne.

Et chez l’homme ? Zinc et sélénium sont à connaître

La préparation à une grossesse ne devrait pas se limiter au contenu de l’assiette ou de la boîte de vitamines de la future mère.

Le zinc concerne aussi l’homme puisque comme indiqué précédemment il contribue à la fertilité et à la reproduction normales.

Le sélénium possède de son côté une allégation européenne spécifiquement liée à la fonction reproductive masculine : le sélénium contribue à une spermatogenèse normale.

On retrouve naturellement du sélénium dans différents aliments, notamment les poissons et fruits de mer, les œufs, les viandes et certains fruits à coque.

Comme pour le zinc, cela ne signifie pas qu’une supplémentation systématique soit nécessaire. L’objectif est avant tout de couvrir correctement les besoins nutritionnels, pas de multiplier les actifs dans l’espoir d’obtenir un effet supérieur.

Faut-il prendre un complément alimentaire fertilité ?

Un complément peut être pratique pour réunir plusieurs micronutriments pertinents dans une même formule, surtout durant une période où l’on souhaite structurer son alimentation et éviter les oublis.

Mais tous les produits ne se valent pas et, surtout, les besoins de la femme et de l’homme ne sont pas nécessairement identiques.

Avant de choisir, il est utile de regarder la composition plutôt que les promesses inscrites sur l’emballage : présence de folates pour la femme, zinc, éventuellement sélénium pour l’homme, présence ou non de fer et d’iode, mais aussi risque de doublons si plusieurs compléments sont déjà utilisés.

Pour voir concrètement les différentes formules proposées pour cette période, on peut par exemple consulter les compléments alimentaires fertilité de Jolly Mama.

Un complément ne doit cependant pas être considéré comme une assurance fertilité. Il sert avant tout à compléter des apports nutritionnels lorsque cela est pertinent. Pour la vitamine B9, le fer, l’iode ou en cas de traitement médical, mieux vaut faire le point avec un médecin ou une sage-femme avant de commencer plusieurs produits simultanément.

Avant les compléments : tabac, alcool, sommeil et alimentation

Il est facile de se concentrer sur les vitamines parce qu’elles donnent l’impression d’agir concrètement. Pourtant, préparer une grossesse passe aussi par des choses beaucoup plus ordinaires.

Le tabac fait partie des facteurs connus pour affecter la fertilité féminine comme masculine. Chez l’homme, il est notamment associé à une altération de différents paramètres du sperme. L’arrêt du tabac est donc pertinent pour les deux partenaires.

Pour l’alcool, les autorités de santé recommandent à la femme de cesser d’en consommer dès le projet de grossesse, puisqu’une grossesse peut débuter avant même d’être détectée. Chez l’homme aussi, la consommation d’alcool fait partie des habitudes abordées lors d’une consultation préconceptionnelle.

Le sommeil mérite également d’être pris au sérieux. Il ne s’agit pas d’un « traitement de la fertilité », mais conserver des horaires aussi réguliers que possible et un temps de récupération suffisant fait partie d’une bonne hygiène de vie générale.

Même logique pour le poids. Un poids très faible comme un surpoids important peuvent faire partie des facteurs pris en compte par le professionnel de santé. Il ne s’agit pas d’atteindre un poids supposé parfait avant d’avoir le droit d’essayer d’avoir un enfant, mais de rechercher si nécessaire une situation plus favorable pour la santé, sans régime extrême ni culpabilisation.

Enfin, une alimentation variée reste la base : légumes et fruits, légumineuses, céréales complètes, sources de protéines, poissons, œufs, produits laitiers ou équivalents adaptés, huiles végétales et fruits à coque permettent d’apporter naturellement une grande partie des vitamines et minéraux dont l’organisme a besoin.

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