« Quand les fruits racontent des histoires d’hommes »

Pomme d’Adam, ananas de Christophe Colomb, pêche de Jean-Baptiste de La Quintinie, cacao de Herman Cortés, orange du Père Noël, clémentine de Vital Rodier, verger de Madame  Monsanto…
Les fruits, des plus familiers aux plus mythique et exotiques, on marqué la vie de ces grands hommes  et certains d’entre eux sont même devenus des symboles.

C’est ce que vous propose de découvrir ce beau livre de Jean-Yves Maisonneuve, illustré par les aquarelles d’Arielle Delaplace. Il présente les portraits d’une vingtaine de personnages et de leurs rencontres avec les fruits, en suivant le cours de l’histoire.

Une histoire parmi d’autres : les pois de Mendel

Parmi les histoires de fruit évoqués, nous avons choisi de parler du fruit qui, comme l’auteur le dit lui-même, « deviendra le héros du délicieux conte d’Andersen, La princesse et le petit pois ». Et notre personnage est Gregor Mendel, celui « qui avait eu l’intuition que cette plante se laisserait modeler par l’homme non seulement pour sa tendresse et ses protéines, mais aussi pour son originalité sur le plan botanique ».

Lors de trois années d’études à Vienne auprès du physicien Christian Doppler, Gregor Mendel suit une formation pluridisciplinaire comprenant l’enseignement des mathématiques, de la physique mais aussi de la botanique et de la physiologie végétale. De retour au monastère Saint-Thomas, il se voit confier, à l’âge de 32 ans, l’enseignement des sciences naturelles et la responsabilité du jardin botanique.

La contribution fondamentale de Mendel à la science est méthodologique : il applique pour la première fois l'outil mathématique, en particulier les calculs statistiques et de probabilité, à l'étude biologique de l'hérédité. Contrairement aux affirmations de l’époque, il affirme que des agents spécifiques contenus dans les parents sont à la base de l’hérédité.

Comment en est-il arrivé à cette conclusion révolutionnaire pour l’époque ?

Mendel a pris deux variétés complètement différentes de pois, l’une avec la peau lisse et l’autre avec la peau ridée, et les a croisées : par exemple, une plante à fleurs rouges avec une plante à fleurs blanches. Il remarque alors que la première génération filiale (également appelée F1) ne révèle que l'un des caractères de la génération parentale et en déduit que l'un des deux caractères est dominant sur l'autre: de cette observation nait la loi sur l'uniformité.

Puis croisant entre elles les plantes de la génération F1, Mendel observe, dans une partie de la génération suivante, la réapparition de caractères « perdus » en F1, qui n’avaient donc pas vraiment disparus mais avaient été « occultés » par le caractère dominant. En continuant ses croisements et en regardant la fréquence de survenue des caractères dominants ou récessifs, Mendel finit par affirmer l’existence de caractères déterminants héréditaires, que nous appelons aujourd’hui les gènes.

Le 8 février 1865, George Mendel presente les résultats de ses recherches à l’assemblée de la Société des Sciences Naturelles de Brünn. La quarantaine de chercheurs, botanistes et chimistes qui compose le public accueille plutôt mal ce mélange de botanique et de mathématiques. C’est seulement trente-cinq ans plus tard que le hollandais Hugo de Vries, l'allemand Carl Correns et l'autrichien Erich von Tschermak, après être arrivés aux mêmes conclusions du Moine de Silésie, ont pris conscience de son travail et ils lui ont reconnu mérite. La « science héréditaire » reçoit le nom de « génétique » en 1906 par William Bateson ; le terme « gène » a lui été introduit encore plus tard, par Wilhelm Johansen.

L’auteur

Jean-Yves Maisonneuve a converti sa profession en passion après avoir repris avec son frère la ferme familiale de la Chapelle-sur-Erdre (près de Nantes) et y avoir produit, cueilli et vendu les fruits pendant plus de 30 ans.

En 1997 il a crée, sur cette ferme, le Jardin des Hespérides. Depuis 2006, il partage, avec sa compagne, Catherine Girault, un nouveau lieu construit autour des fruits à Saint-Denis-du-Pin, « le Jardin de Pomone », dédié à la déesse des fruits et aux arbres fruitiers du monde entier.

Collection : ÉDITIONS PETIT GÉNIE

Éditeur : PETIT GÉNIE (ÉD. DU)

Parution : 16 février 2015

 

Simona, en Service Volontaire Européen à l'Epicurium

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