Jardins partagés : le renouveau d'une tradition ancienne

Vous suivez notre blog et vous vous dites que vous aimeriez bien vous aussi avoir un bout de jardin pour expérimenter nos conseils et récolter vos propres légumes ?
Même si vous habitez en ville, ce n’est pas impossible grâce à l’existence des jardins partagés, dits aussi “collectifs” ou “communautaires”, qui se développent de plus en plus depuis une vingtaine d’années.
 

Un peu d’histoire pour commencer

Le jardin partagé est l’héritier d’une longue tradition française de jardinage urbain et s’inscrit dans la continuité des “jardins ouvriers” devenus “jardins familiaux”. Mais les jardins communautaires dans leur forme actuelle sont nés aux États-Unis, grâce au mouvement des “Green Guérillas” guidé par Liz Christy en 1973, avec pour objectif de réintroduire de la biodiversité à Manhattan et puis dans tous les quartiers de New York.
En France, c’est lors du premier forum national “Jardinage et citoyenneté” qui s’est déroulé à Lille en octobre 1997, que des liens se tissent avec des associations de jardins communautaires québécoises et new-yorkaises. De ces échanges nait le premier jardin communautaire français à Lille en 1997. Lille fait ainsi partie des villes, avec Lyon et Nantes notamment, qui ont été les villes pionnières en France pour le développement des jardins collectifs à la fin du XXème siècle. Depuis, le phénomène s’est répandu dans le grandes villes du monde entier.

 

L’organisation des jardins partagés

On peut distinguer deux types de jardins :
- les jardins “familiaux” : souvent dirigés par les collectivités territoriales ou par les associations, ces jardins sont divisés en parcelles mises à disposition des particuliers, qui pratiquent le jardinage pour leurs propres besoins et ceux de leur famille, et que l’on appelle “familiaux” ;
- les jardins “d’insertion” :  crées ou utilisés en vue de favoriser la réinsertion de personnes en situation d’exclusion ou en difficulté sociale ou professionnelle.

Si les jardins partagés se développent sur tout le territoire, beaucoup sont implantés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ceci s’explique par le fait que les jardins partagés sont souvent créer pour essayer de renforcer, ou même d’initier, la cohésion sociale. Les jardins accueillent en effet des personnes de toutes origines sociales et ethniques, et permet en outre aux personnes isolées de sortir de chez elles et de rencontrer d’autres personnes. Il faut cependant admettre malgré tout que, dans les jardins partagés comme dans toutes les activités associatives, les effets de concurrence, les micro-conflits autour des questions d’appropriation et d’accaparement, ne sont pas absents. C’est normal et cela n’enlève en rien l’intérêt des jardins partagés, qui ont aussi un rôle environnemental important, en permettant de renforcer la consommation de produits de saison, cultivés sans pesticides, à proximité et à moindre coût.

 

Les jardins partagés à Avignon

Les Jardins de la Darmane sont situés en bord de Durance, 2792 avenue du Moulin de notre Dame. Ils sont nés en 2014 et regroupent trois types de jardins : des jardins familiaux, un jardin pédagogique orienté vers les écoles et un jardin collectif pour les centres sociaux. Ils sont prioritairement dédiés aux habitants des quartiers Sud et Nord Rocade, avec trois objectifs :
-    créer un lien social dans le quartier entre les différents habitants qui le composent ;
-    permettre aux familles d’améliorer la qualité de leur alimentation ;
-    donner la possibilité à l’ensemble des utilisateurs des jardins partagés d’avoir accès à un espace de nature.

Pour plus d’informations sur les Jardins de la Darmane

Les jardins de Favet sont gérés par le centre social de Montfavet, l’Espelido, et sont situés chemin de la Sacristie. Ils comportent 34 parcelles à disposition de familles et 4 parcelles à usage collectif et pédagogique : “ Un espace de convivialité pour développer le lien social à travers des projets interculturels, les relations intergénérationnelles, la mixité sociale et la promotion de la vie associative.” (http://www.espelido.fr/index.php/jardins-familiaux)

Les jardins de l’Espelido ont, comme la plupart des jardins partagés, un règlement à suivre. Celui-ci responsabilise les utilisateurs dans l’intérêt collectif. Le règlement interdit par exemple l’usage de pesticides chimiques, encourage la récupération d’eau de la pluie et les pratiques favorables à la biodiversité. C’est ainsi que les jardins partagés participent pleinement à la préservation de l’écosystème urbain. En vivant au rythme du jardin, chacun prend conscience de l’absurdité écologique de consommer des produits qui parcourent des milliers de kilomètres pour parvenir jusqu’à nos assiettes.

Simona, volontaire en service européen à Epicurium

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